Siquijor : l’île des Philippines qui a complètement changé mon voyage
TOUR DU MONDE • PHILIPPINES • MANILLE • SIQUIJOR
De Manille à Siquijor : trois jours entre mégapole, scooter et eaux turquoise
Après Doha, mon tour du monde prend une tout autre dimension : chaleur tropicale, circulation frénétique, ferry dans les Visayas et première vraie aventure insulaire au cœur des Philippines.
Quand on imagine les Philippines, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles d’une plage de sable clair, d’une eau turquoise et de cocotiers penchés vers la mer. Pourtant, mon arrivée dans l’archipel commence très loin de cette carte postale.
À 16h35, mon vol Qatar Airways se pose à Manille. Je viens de passer plusieurs heures dans l’atmosphère feutrée de la Qsuite, reposé par un voyage en Business particulièrement agréable. Quelques instants plus tard, les portes de l’aéroport s’ouvrent sur une réalité totalement différente : une chaleur dense, une humidité immédiate et l’énergie presque désordonnée d’une immense ville asiatique.
Cette étape fait partie de mon tour du monde en escales . L’idée n’est pas de traverser les pays sans les voir, mais de transformer chaque correspondance, chaque déplacement et chaque journée disponible en véritable découverte. Aux Philippines, le programme va rapidement dépasser la simple escale : Manille ne sera que la porte d’entrée vers Dumaguete, puis vers l’île de Siquijor.
CARNET DE ROUTE
Du Golfe Persique au cœur des Visayas
CHAPITRE 1
Le choc de l’arrivée à Manille
Pour quitter l’aéroport, je découvre Grab, l’application incontournable dans une grande partie de l’Asie du Sud-Est. Le principe ressemble à Uber : destination, prix annoncé, chauffeur identifié et paiement géré depuis l’application. Après quelques minutes seulement, je monte dans la voiture qui doit me conduire vers Makati.
Derrière la vitre, Manille défile comme un flot ininterrompu. Des voitures, des motos, des véhicules de livraison et des transports locaux se faufilent partout où quelques mètres restent disponibles. La circulation fait partie intégrante du paysage. Elle paraît chaotique au premier regard, mais chacun semble connaître sa place dans cette chorégraphie urbaine.
Le deuxième choc est climatique. La fin de journée n’apporte pas vraiment de fraîcheur : l’air reste chaud, humide et lourd. Une simple promenade suffit à rappeler que je viens de quitter l’Europe. Je pars tout de même explorer les alentours de l’hôtel à pied. Les rues sont animées, les commerces encore ouverts et les premières lumières de Makati commencent à apparaître.
UNE NUIT À MAKATI
Prendre de la hauteur pour comprendre la ville
Je loge au City Garden Grand Hotel, une adresse confortable et très bien placée pour cette courte découverte. Après la chaleur des rues, la chambre offre une pause bienvenue. Mais la meilleure surprise se trouve quelques étages plus haut.
Le rooftop permet de dîner face à une immense étendue de lumières. Depuis le sommet de l’hôtel, Manille paraît soudain plus lisible. Les tours de Makati dominent les quartiers environnants, les axes routiers forment des rubans lumineux et l’agitation du sol devient un bourdonnement lointain.
Cette première soirée résume déjà le contraste de la capitale : dense et bruyante au niveau des rues, presque élégante lorsqu’on l’observe depuis le ciel. Après le vol et la marche sous la chaleur, je termine la journée devant cette vue spectaculaire avant de rejoindre ma chambre.
CHAPITRE 2
Makati, Venise tropicale et coucher de soleil à Rizal Park
Le lendemain matin, je repars à pied dans Makati. À quelques rues des grandes tours, un petit marché local dévoile une ambiance beaucoup plus quotidienne. Les étals, les passants et la végétation donnent au quartier une atmosphère étonnamment agréable. Les arbres sont particulièrement appréciables : sous ce climat, quelques mètres d’ombre changent complètement le confort d’une promenade.
Après cette immersion locale, je commande un Grab pour rejoindre Venice Grand Canal. Le lieu est à l’opposé du marché : il s’agit d’un vaste centre commercial inspiré de Venise, avec façades colorées, ponts, canaux et gondoles. L’ensemble est volontairement spectaculaire, presque irréel, mais la reproduction est suffisamment poussée pour rendre la visite amusante.
Ce n’est pas le lieu le plus authentique de Manille, mais il constitue une halte originale, notamment lorsque la chaleur devient difficile à supporter. La climatisation du centre commercial offre une vraie pause avant de repartir vers une visite plus historique.


MANILLE AU COUCHER DU SOLEIL
Rizal Park, quand la ville ralentit enfin
En fin de journée, je rejoins Rizal Park. Les couleurs deviennent plus douces, la chaleur recule légèrement et le parc se remplit de familles venues profiter de la soirée. L’atmosphère contraste avec la circulation traversée quelques heures plus tôt.
Des groupes jouent dehors, les enfants courent dans les allées et un spectacle de fontaines accompagné de musique rassemble les visiteurs. Ce n’est plus seulement un site touristique : le parc devient un véritable espace de vie.
Il porte le nom de José Rizal, figure majeure de l’histoire philippine. Son souvenir occupe une place centrale dans l’identité nationale, et ce vaste espace vert est aussi un lieu de mémoire. Même sans consacrer plusieurs heures à la visite, le parc permet d’observer une facette plus calme et familiale de la capitale.
LE CŒUR HISTORIQUE
Entrer dans Intramuros par la Puerta Real
À proximité du parc se trouve la Puerta Real, l’une des portes permettant d’accéder à Intramuros, le cœur historique fortifié de Manille. En quelques minutes, l’ambiance change complètement.
Les murailles, les places et les édifices religieux rappellent plusieurs siècles de présence espagnole. Les Philippines ont conservé de nombreuses traces de cette période : architecture, religion, noms de lieux et influences culinaires. Intramuros permet de lire cette histoire dans la ville elle-même, même si une grande partie du quartier a dû être reconstruite après les destructions de la Seconde Guerre mondiale.
À la tombée de la nuit, les façades éclairées et les petites places créent une atmosphère très particulière. Après la modernité verticale de Makati et le décor artificiel de Venice Grand Canal, Intramuros offre un troisième visage de Manille : celui d’une capitale façonnée par les échanges, les occupations et les reconstructions.
Un dîner philippin au cœur d’Intramuros
Je m’arrête au Paco Bango Café pour goûter plusieurs plats présentés comme traditionnels. Après une journée passée à marcher entre les différents visages de Manille, ce dîner permet de prolonger la découverte par la cuisine.
Je termine avec un Basque cheesecake, clin d’œil inattendu aux influences venues d’Espagne. Le dessert est beaucoup plus contemporain que les vieilles pierres d’Intramuros, mais il s’intègre finalement très bien à cette ville où les héritages historiques et les tendances internationales se mélangent constamment.
Pour rentrer à Makati, je commande une nouvelle fois un Grab. Le chauffeur me conseille le rooftop de l’hôtel Antidote, situé à proximité de mon hébergement. L’ambiance y est plutôt calme ce soir-là, mais la vue sur la ville est encore plus impressionnante que celle de mon propre hôtel. Manille semble décidément faite pour être observée depuis les hauteurs.
CHAPITRE 3
Quitter Manille pour rejoindre l’île de Siquijor
Le lendemain, je prends un dernier petit déjeuner dans un diner américain de Makati. Cette parenthèse familière précède un trajet beaucoup plus dépaysant. Un Grab me ramène à l’aéroport, où j’embarque avec Cebu Pacific à destination de Dumaguete.
Le vol traverse une partie de l’archipel philippin. Depuis le hublot, les paysages alternent entre étendues du Pacifique, reliefs verdoyants et îles dispersées. Après la densité de Manille, ce survol donne enfin une idée de l’immensité géographique du pays.
Dumaguete n’est pourtant qu’une étape. Pour atteindre Siquijor, il reste à rejoindre le port puis à embarquer sur un ferry. À la sortie de l’aéroport, Grab ne propose plus une voiture classique : ici, le déplacement se fera en tuk-tuk. Avec les valises d’un tour du monde et plus de trente minutes de marche sous la chaleur, la décision est vite prise.

TRAVERSÉE OCEANJET
Une heure de mer avant l’arrivée sur l’île
Le ferry OceanJet quitte Dumaguete à l’heure. J’ai choisi la classe touristique située à l’avant, avec sièges alignés et écran diffusant un film pendant la traversée. Le trajet dure environ une heure et la mer reste calme.
À l’arrivée, l’organisation est particulièrement efficace : les bagages sont déchargés pendant que les passagers quittent le bateau. Quelques minutes plus tard, je retrouve le chauffeur envoyé par mon hébergement.
Le transfert jusqu’au Wilcon Guesthouse, au sud de Siquijor, dure environ trente minutes en tuk-tuk. Le prix organisé par l’hôtel était d’environ 1 200 pesos pour le trajet. Peu à peu, les routes deviennent plus calmes, la végétation se densifie et l’île commence à dévoiler son rythme.
CHAPITRE 4
Siquijor : changer de rythme en quelques kilomètres
Le Wilcon Guesthouse est une excellente base pour découvrir le sud de l’île. L’établissement est soigné, calme et propose directement la location de scooters, ce qui simplifie énormément l’organisation.
Le lendemain matin commence avec un petit déjeuner philippin accompagné d’un jus de fruits frais. Je choisis un longsilog : un plat généreux composé de longganisa, une saucisse locale souvent légèrement sucrée, de riz à l’ail et d’un œuf. C’est nourrissant, savoureux et parfaitement adapté à la journée qui m’attend.
LIBERTÉ SUR DEUX ROUES
Une formation express… presque entièrement en gestes
La location du scooter coûte environ 500 pesos pour 24 heures, casque compris. Avant de partir, le responsable m’explique le fonctionnement avec quelques mots d’anglais, quelques mots de philippin et beaucoup de gestes.
Cette mini-formation improvisée fait déjà partie du voyage. Les commandes sont simples, le scooter démarre et vingt minutes plus tard, je roule vers la première plage de la journée.
Sur Siquijor, le scooter apporte une liberté incomparable. Il permet de relier les plages, les cascades et les restaurants sans dépendre d’horaires. Il faut toutefois rester prudent : vérifier l’état général du véhicule, tester les freins, porter le casque et éviter de rouler vite, notamment à la tombée de la nuit.
PALITON BEACH
Le premier contact avec le Pacifique
Paliton Beach correspond exactement à l’image que je me faisais des Philippines : du sable clair, une eau chaude et transparente, quelques palmiers et de petites installations où l’on peut boire ou manger sans quitter la plage.
L’entrée coûtait seulement quelques pesos et permettait de revenir dans la journée. Je reste environ une heure. Je ne suis pas du genre à passer toute une journée à bronzer, mais l’endroit se prête parfaitement à une pause plus longue pour ceux qui veulent ralentir.
Ce premier bain marque vraiment le basculement du voyage. Manille et ses klaxons semblent déjà loin. Ici, le bruit principal vient de la mer.
COCO GROVE BEACH
Deux heures dans un aquarium naturel
Après Paliton, je reprends le scooter en direction de Coco Grove Beach pour une session de snorkeling. Il est possible de venir avec son propre matériel ou d’en louer sur place.
J’ai mon masque et mon tuba, mais je loue un gilet de flottaison ainsi qu’une protection étanche pour filmer avec mon téléphone. Une fois dans l’eau, le temps disparaît complètement.
Pendant près de deux heures, je nage au-dessus d’un monde incroyablement vivant : poissons-clowns, poissons-papillons, poissons-anges, poissons chauves-souris et de nombreuses autres espèces évoluent autour des zones coralliennes.
L’eau est chaude, la visibilité agréable et chaque déplacement révèle une nouvelle scène. Après cette longue immersion, je m’installe au bar pour boire un smoothie local. Difficile d’imaginer une meilleure façon de reprendre des forces.
CAMBUGAHAY FALLS
Une succession de bassins turquoise au cœur de la végétation
La descente vers Cambugahay Falls ne prend que quelques minutes. Elle paraît facile à l’aller, mais les marches raides rappelleront leur présence au retour.
Le site est composé de plusieurs bassins aux couleurs presque irréelles. J’arrive en début d’après-midi, lorsque les visiteurs sont déjà nombreux. Trouver un endroit calme pour s’installer devient plus difficile, mais la beauté du lieu compense largement l’affluence.
L’eau, la jungle et la lumière créent un décor spectaculaire. Pour une ambiance plus paisible et de meilleures photos, une arrivée tôt le matin serait probablement préférable.
BUCAFÉ
Dîner au-dessus des palmiers face au coucher du soleil
Pour terminer la journée, je prends de la hauteur et rejoins BuCafé, un restaurant installé dans les reliefs du centre de l’île.
Le repas est bon, les prix restent accessibles, mais la véritable raison de venir ici se trouve devant les tables : une vue immense sur la végétation et, plus loin, sur le Pacifique. Lorsque le soleil commence à descendre, toute l’île semble se couvrir d’une lumière dorée.
C’est l’un des moments les plus forts de Siquijor. Après les plages, les poissons et les cascades, je termine la journée face à l’horizon, avec cette impression très simple d’être exactement là où je devais être.
DERNIÈRES HEURES SUR L’ÎLE
Une piscine, un tuk-tuk et un burger chez Charl
Le dernier matin, je profite quelques instants de la piscine avant de reprendre le tuk-tuk vers le port. À proximité, on m’a conseillé une adresse improbable : Charl’s Burger.
Le restaurant ressemble davantage à une petite cabane qu’à une adresse touristique. Il n’y a qu’une table : premier arrivé, premier servi. Charl prépare ses burgers maison et prend le temps de discuter.
Ce repas simple devient l’un des souvenirs les plus attachants du séjour. Les voyages ne se résument pas aux plages spectaculaires ou aux cascades turquoise. Ils prennent aussi leur valeur dans ces échanges imprévus, autour d’une table unique, à quelques minutes d’un ferry.
Retour à Dumaguete, puis dernière nuit avant Manille
La traversée retour avec OceanJet se déroule aussi efficacement que l’aller. À Dumaguete, je fais un arrêt dans une pharmacie pour refaire le stock de crème solaire. La ville possède sans doute davantage à offrir, mais mon programme est serré : le vol vers Manille part très tôt le lendemain.
Je rejoins donc l’hôtel pour quelques heures de repos avant de reprendre Cebu Pacific. Une nouvelle fois, l’accueil de l’équipage est excellent et le vol se déroule parfaitement. Cette qualité de service laissera un très beau souvenir de mes déplacements intérieurs aux Philippines.
Je retourne à Manille le cœur un peu lourd. En quelques jours, le voyage m’a fait passer d’une mégapole surchauffée à une petite cabane à burgers, d’un rooftop urbain à un récif tropical, et d’un centre commercial inspiré de Venise à une cascade cachée dans la jungle.
Mais le tour du monde ne fait que commencer. Une nouvelle carte d’embarquement m’attend : direction Jakarta.
EN RÉSUMÉ
Mon itinéraire entre Manille et Siquijor
Manille
Makati, rooftop, marché local, Venice Grand Canal, Rizal Park et Intramuros.
Dumaguete
Vol intérieur, tuk-tuk jusqu’au port puis traversée OceanJet.
Siquijor
Guesthouse, scooter, Paliton Beach, snorkeling et cascades.
Retour
Charl’s Burger, ferry vers Dumaguete puis vol pour Manille.
Optimiser ses points, ses miles et ses billets
Pour approfondir les stratégies de réservation, l’utilisation des cartes American Express et les astuces permettant de voyager plus confortablement sans payer le tarif maximal, je recommande le travail d’Aviation Travel World.
CE QUE JE RETIENS
Siquijor n’est pas seulement une belle île
J’étais venu chercher les eaux turquoise des Philippines. Je repars surtout avec le souvenir d’une île simple à parcourir, généreuse dans ses paysages et profondément humaine.
Bien sûr, je me souviendrai de Paliton Beach, des poissons observés pendant le snorkeling et des bassins de Cambugahay Falls. Mais je me souviendrai aussi de la formation en gestes pour louer le scooter, du jus de fruits frais au petit déjeuner, du soleil qui descend derrière BuCafé et de cette unique table chez Charl.
C’est exactement pour cela que je construis ce tour du monde autour des escales et des détours. Le trajet le plus rapide m’aurait conduit directement d’un grand aéroport à un autre. Le détour par Siquijor m’a offert une histoire.
QUESTIONS PRATIQUES
FAQ : préparer un séjour à Siquijor
Comment rejoindre Siquijor depuis Manille ?
Mon itinéraire a combiné un vol Manille–Dumaguete avec Cebu Pacific, un transfert en tuk-tuk jusqu’au port puis une traversée OceanJet d’environ une heure. Les horaires peuvent changer : prévois une marge suffisante entre le vol et le ferry.
Combien de jours faut-il prévoir à Siquijor ?
Trois jours permettent déjà de découvrir plusieurs plages, une zone de snorkeling, Cambugahay Falls et quelques bonnes adresses. Quatre ou cinq jours offriraient un rythme plus détendu et davantage de temps pour explorer le nord de l’île.
Peut-on visiter Siquijor sans scooter ?
Oui, notamment grâce aux tuk-tuks et aux transferts organisés par les hébergements. Le scooter reste toutefois le moyen le plus flexible pour relier plusieurs sites dans la même journée.
Faut-il prévoir des espèces ?
Oui. Les transports locaux, petites taxes, entrées de sites et commerces modestes acceptent souvent uniquement les pesos. Retire suffisamment d’argent avant de multiplier les déplacements, tout en conservant les espèces dans plusieurs endroits distincts.
Siquijor convient-elle à une première découverte des Philippines ?
L’île offre un excellent mélange de plages, nature, snorkeling et déplacements faciles. Elle demande néanmoins un peu d’organisation pour les correspondances aériennes et maritimes. C’est précisément ce qui lui donne son caractère d’aventure.